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7/9/10

Rubaiyat - Omar Khayyam


Omar Khayyam (Persia, 1048 - 1131)
Rubaiyat

Texte en Français, Español i Català

Français

Rien ne m'intéresse plus. Lève-toi, pour me verser du vin ! Ce soir, ta bouche est la plus belle rose de l'univers... Du vin ! Qu'il soit vermeil comme tes joues, et que mes remords soient aussi légers que tes boucles!


Español

Nada me interesa ya. ¡Levántate para brindarme vino! Tu boca, esta noche, es la rosa más bella del mundo... ¡Escancia vino! ¡Que sea carmín como tus mejillas y mis remordimientos ligeros como tus bucles!


Català

Res ja no m'interessa. Aixeca't i serveix-me vi! Aquest vespre, la teva boca és la més maca de les roses... Més vi! Que sigui roig com les teves galtes i que els meus remordiments siguin lleugers com els teus rínxols!

Traducció al català: lectureas.blogspot.com

2/7/10

L'infinito - Leopardi




Giacomo Leopardi (Recanati, 1798 - Napoli, 1837)
Texto en Italiano, Français y Español

Italiano
L’ Infinito

Sempre caro mi fu quest’ermo colle
E questa siepe, che da tanta parte
Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
Ma sedendo e mirando, interminati
Spazi di là da quella, e sovrumani
Silenzi, e profondissima quiete
Io nel pensier mi fingo; ove per poco
Il cor non si spaura. E come il vento
Odo stormir tra queste piante, io quello
Infinito silenzio a questa voce
Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
E le morte stagioni, e la presente
E viva, e il suon di lei. Cosí tra questa
Inmensità s’annega il pensier mio:
E il naufragar m’è dolce in questo mare.




Français
L'infini

Toujours elle me fut chère cette colline solitaire
et cette haie qui dérobe au regard
tant de pans de l'extrême horizon.
Mais demeurant assis et contemplant,
au-delà d'elle, dans ma pensée j'invente
des espaces illimités, des silences surhumains
et une quiétude profonde ; où peu s'en faut
que le cœur ne s'épouvante.
Et comme j'entends le vent
bruire dans ces feuillages, je vais comparant
ce silence infini à cette voix :
en moi reviennent l'éternel,
et les saisons mortes et la présente
qui vit, et sa sonorité. Ainsi,
dans cette immensité, se noie ma pensée :
et le naufrage m'est doux dans cette mer.


Español
El infinito

Amé siempre esta colina, 
y el cerco que me impide ver 
más allá del horizonte. 
Mirando a lo lejos los espacios ilimitados, 
los sobrehumanos silencios y su profunda quietud, 
me encuentro con mis pensamientos, 
donde por poco, mi corazón no se asusta. 
Escucho los silbidos del viento sobre los campos, 
y en medio del infinito silencio tanteo mi voz: 
me subyuga lo eterno, las estaciones muertas, 
la realidad presente y todos sus sonidos. 
Así, a través de esta inmensidad se ahoga mi pensamiento: 
y naufrago dulcemente en este mar. 

Traducción de Carlos López S.



2/6/10

Le lac - Lamartine


Alphonse de Lamartine (Bourgogne, 1790 - Paris,1869)
Méditations poétiques (1815 - 1820)


Texte en Français y Español

Français
Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ?

Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s’asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;
Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t’en souvient- il ? nous voguions en silence ;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
Laissa tomber ces mots :

« Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

« Assez de malheureux ici-bas vous implorent :
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

« Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : ‹ Sois plus lente › ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

« Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! »

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
S’envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Hé quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ? quoi! tout entiers perdus ?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus ?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac! rochers muets ! grottes! forêt obscure !
Vous que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux !

Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés!

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
Tout dise : « Ils ont aimé ! »



Español
El lago

Así siempre empujados hacia nuevas orillas,
en la noche sin fin que no tiene retorno,
¿no podremos jamás en el mar de los tiempos
echar ancla algún día?

Lago, apenas el año ya concluye su curso
y muy cerca del agua donde yo le di cita,
mira, vengo a sentarme solo sobre esta piedra
donde ayer se sentaba.

Tú bramabas así bajo estas mismas rocas,
te rompías con furia en su herido costado;
así el viento arrojaba tus oleajes de espuma
a sus pies adorados.

Una tarde, ¿te acuerdas?, en silencio bogaba
entre el agua y los cielos a lo lejos se oía
solamente el rumor de los remos golpeando
tu armonioso cristal.

De repente una música que ignoraba la tierra
despertó de la orilla encantada los ecos;
prestó oídos el agua y la voz tan amada
pronunció estas palabras:

«Tiempo, no vueles más. Que las horas propicias
interrumpan su curso.
¡Oh, dejadnos gozar de las breves delicias
de este día tan bello!

Todos los desdichados aquí abajo os imploran:
sed para ellos muy raudas.
Con los días quitadles el mal que les consume;
olvidad al feliz.

Mas en vano yo pido unos instantes más,
ya que el tiempo me huye.
A esta noche repito: "Sé más lenta", y la aurora
ya disipa la noche.

¡Oh, sí, amémonos, pues, y gocemos del tiempo
fugitivo, de prisa!
Para el hombre no hay puerto, no hay orillas del tiempo,
fluye mientras pasamos.»

Tiempo adusto, ¿es posible que estas horas divinas
en que amor nos ofrece sin medida la dicha
de nosotros se alejen con la misma presteza
que los días de llanto?

¿Y qué? ¿No podremos jamás conservar ni su huella?
¿Para siempre pasados? ¿Por completo perdidos?
Lo que el tiempo nos dio, lo que el tiempo ha borrado,
¿no lo va a devolver?


*La traducción en español es solo de una parte del poema original en francés ya que me ha sido imposible encontrar la traducción del poema íntegro.

Image: Coin d'etang à Montgeron (1876)

Claude Monet (1840 - 1926)

8/4/10

No me conforno, no: me desespero - Miguel Hernández



El rayo que no cesa (1936)
Miguel Hernández (Alicante 1910 - 1942)

No me conformo, no: me desespero
como si fuera un huracán de lava
en el presidio de una almendra esclava
o en el penal colgante de un jilguero.

Besarte fue besar un avispero
que me clava al tormento y me desclava
y que cava un hoyo fúnebre y lo cava
dentro del corazón donde me muero.

No me conformo, no; ya es tanto y tanto
idolatrar la imagen de tu beso
y perseguir el curso de tu aroma.

Un enterrado vivo por el llanto
una revolución dentro de un hueso,
un rayo soy sujeto a una redoma.

Más textos de Miguel Hernández aquí

27/2/10

Cuando veo de nuevo el mar - Neruda


Pablo Neruda (Chile, 1904 - 1973)
El libro de las preguntas - Il libro delle domande - Le livre des questions
Texto en español, italiano et français


Español
Pregunta XLIX

Cuando veo de nuevo el mar
el mar me ha visto o no me ha visto?

Por qué me preguntan las olas
lo mismo que yo les pregunto?

Y por qué golpean la roca
con tanto entusiasmo perdido?

No se cansan de repetir
su declaración a la arena?


Italiano
Domande XLIX 

Quando di nuovo vedo il mare
il mare m'ha visto o non m'ha visto?

Perchè mi chiedono le onde
la stessa cosa che io chiedo?

E perchè battono la roccia
con sì perduto entusiasmo?

Non si stancano di ripetere
il loro amore alla sabbia?


Français
Question XLIX

Quand je vois de nouveau la mer,
La mer m’a-t-elle vu ou non ?
                  
Pourquoi, m’interrogeant, les vagues
me revoient-elles mes questions ?
                   
Pourquoi, battant le roc, ont-elles
tout cet enthousiasme perdu ?
                     
Lasses ne sont de répéter
au sable leur déclaration ?



Ce beau poème me l'a offert Claudia, grazie mille!

22/11/09

En la calle - Dans la rue



En la calle - Dans la rue 
Konstantin Kavafis (Alejandría, Egipto;1863 - 1933)
Texto en español et français


Español 
En la calle

Su rostro amable, algo pálido;
sus ojos castaños, como ojerosos;
veinticinco años, pero aparenta más bien veinte;
con algo de bohemio en su atuendo
-el color de la corbata o la froma del cuello-
deambula sin rumbo por la calle,
como aturdido aún por el placer prohibido,
por el placer enteramente ilícito que acaba de hacer suyo.

 Poema recibido como felicitación de aniversario
Muchísimas gracias Paloma

Français
Dans la rue…

Son visage sympathique,
Un peu pâle,
Ses yeux bruns légèrement cernés.
Il a vingt-cinq ans,
Mais en paraît plutôt vingt.
Ses vêtements ont je ne sais quoi de bohème :
Quelque chose dans la couleur de la cravate,
La forme du col.
Il marche sans but dans la rue,
Comme hypnotisé encore par le plaisir défendu,
Le plaisir entre tous défendu qu'il vient d'obtenir.



12/5/09

El lobo estepario - Le loup des steppes

Imagen "Der Steppenwolf" cedida por Der Depp de su blog: http://manmussdasnichtlesen.blogspot.com/


El lobo estepario / Le loup des steppes (1927) 
Hermann Hesse (Deutschland, 1877 - Suisse, 1962)

Texto en español y francés 


Español 

Voy a decirte hoy una cosa, algo que sé desde hace ya tiempo, y tú también lo sabes ya, pero quizás no te lo has dicho a ti mismo todavía. Ahora te digo lo que sé acerca de ti y de mí y de nuestra suerte. Tú, Harry, has sido un artista y un pensador, un hombre lleno de alegría y de fe, siempre tras la huella de lo grande y de lo eterno, nunca satisfecho con lo bonito y lo minúsculo. Pero cuanto más te ha despertado la vida y te ha conducido a ti mismo, más ha ido aumentando tu miseria y más hondamente te has sumido hasta el cuello en pesares, temor y desesperanza, y todo lo que tú en otro tiempo has conocido, amado y venerado como hermoso y santo, toda tu antigua fe en los hombres y en nuestro alto destino, no ha podido ayudarte, ha perdido su valor y se ha hecho añicos. Tu fe ya no tenía aire para respirar. Y la asfixia es una muerte muy dura. ¿Es exacto, Harry? ¿Es ésta tu suerte?

[…]

Para este mundo sencillo de hoy, cómodo y satisfecho con tan poco, eres tú demasiado exigente y hambriento; el mundo te rechaza, tienes para él una dimensión de más. El que hoy quiera vivir y alegrarse de su vida, no ha de ser un hombre como tú ni como yo. El que en lugar de chinchín exija música, en lugar de placer, alegría; en lugar de dinero, alma; en vez de loca actividad, verdadero trabajo; en vez de jugueteo, pura pasión; para ese no es hogar este bonito mundo que padecemos...


Français 

Je voudrais à présent te dire quelque chose ; une chose que je sais depuis longtemps et que tu sais déjà, toi aussi, mais que tu as peut-être préféré ne pas encore t'avouer. Je vais te révéler ce que je sais sur moi, sur toi et sur notre destin. Toi, Harry, tu as été un artiste et un penseur ; un homme débordant de gaieté et de foi ; toujours à la recherche du sublime et de l'éternel ; ne se satisfaisant jamais de ce qui est joli et médiocre. Mais plus la vie t'a ouvert les yeux et fait prendre conscience de toi-même, plus ta détresse a grandi. Progressivement, tu t'es enfoncé jusqu'au cou dans la souffrance, l'inquiétude et le désespoir. Tout ce que tu connaissais de beau et de sacré ; tout ce que tu aimais et vénérais auparavant ; toute ton ancienne foi dans l'homme et dans la grandeur de sa destinée ne t'ont été d'aucun secours. Tout cela a perdu sa valeur et s'est effondré. Ta foi n'a plus trouvé d'air pour respirer ; or la mort par asphyxie est cruelle. Est-ce exact, Harry ? Est-ce là ton destin ? 

[…]

Tu es bien trop exigeant et affamé pour ce monde simple et indolent, qui se satisfait de si peu. Il t'éxècre ; tu as pour lui une dimension de trop. Celui qui désire vivre aujourd'hui en se sentant pleinement heureux n'a pas le droit d'être comme toi ou moi. Celui qui réclame de la musique et non des mélodies de pacotille ; de la joie et non des plaisirs passagers ; de l'âme et non de l'argent ; un travail véritable et non une agitation perpétuelle ; des passions véritables et non des passe-temps amusants, n'est pas chez lui dans ce monde ravissant...